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Convoi de la liberté, un nouveau mouvement Gilet Jaune ?

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Sur les réseaux sociaux, les groupes visant à organiser en France un « convoi de la liberté » ont acquis une audience impressionnante. Alors que ce convoi remonte vers Paris, quelles seront l’orientation et les perspectives du mouvement ? Est-il dans la même dynamique que celui des Gilets Jaunes ?

Les GJ ont été une libération de la parole des exploités. On se racontait nos galères, on se retrouvait tous ensemble et c’est comme ça que le mouvement a pris son orientation sociale. Et tout cela s’est passé quand nous nous sommes retrouvés en vrai, sur les ronds-points et les barrages.

Mais tout le monde n’a pas tiré le même bilan de ce mouvement. Une partie des admins des pages et groupes Facebook du début des GJ n’ont pas apprécié que le mouvement s’autonomise. On trouve la même logique qu’avec les directions des syndicats quand elles appellent à une journée d’action : elles ne veulent surtout pas que la base aille plus loin que ce qu’elles ont décidé. Continue reading Convoi de la liberté, un nouveau mouvement Gilet Jaune ?

Hausse des prix, c’est quoi le bail ?

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Une explication en moins de deux minutes.

Les prix montent, montent, montent. Tous ? Non. Pas le prix de la force de travail : le salaire direct ou par extension, les allocations chômage, retraites, minima sociaux : en somme ce qui ne bouge pas c’est la quantité de fric qui nous revient.

Nous, c’est à dire les prolos.

Un tas d’article de journaux nous fait la leçon : une des pires choses à faire, disent ils, serait d’augmenter les salaires : cela ne ferait qu’aggraver la hausse des prix !

Ce genre de raisonnement est tellement matraqué, qu’on finit par lui trouver un semblant de logique. C’est fou ce que c’est efficace, la propagande. Voici une petite histoire pour illustrer ce qu’on dit . Continue reading Hausse des prix, c’est quoi le bail ?

IA, algorithmes… quel futur pour le travail ?

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Travail, robots et dodos

Vous avez sûrement déjà entendu cette drôle d’histoire : le travail serait sur le point de disparaître. Remplacé par des robots, des algorithmes, des intelligences artificielles (IA) le travail humain serait dans la même situation que les dodos il y a quelques siècles ou du Parti Socialiste aujourd’hui : il n’en aurait plus pour longtemps. Mais est-ce vrai ? 1. Sommes-nous en train de vivre le crépuscule du travail ? On ne va pas faire durer le suspense plus longtemps : la réponse est non, du moins tant que durera le capitalisme. Mais nous vivons une période de grandes transformations.

En attendant les robots

Ce post est inspiré en partie du livre En attendant les robots de A. Casilli qui a aussi contribué au numéro spécial de Cash investigation sur le sujet. Voici une anecdote qui illustre bien le propos de l’auteur. Il interviewe S. qui a travaillé dans une start-up, une « pépite » du numérique français qui vend des produits de luxe à de riches clients sur la base de recommandations personnalisées grâce à « un procédé d’apprentissage automatique », c’est-à-dire une IA. Mais S. se rend compte au bout de quelques jours que cette IA… n’a jamais été développée. Continue reading IA, algorithmes… quel futur pour le travail ?

Comprendre le soulèvement au Kazakhstan

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Voici une semaine [en date du 9 janvier] qu’un soulèvement des prolétaires embrase le Kazakhstan. Les informations qui nous parviennent sont parcellaires. L’État s’est empressé de couper internet, les médias de la bourgeoisie filtrent les nouvelles, la barrière de la langue est difficile à passer. Voici pourtant quelques informations qu’il semble important de diffuser. Ce soulèvement a lieu dans un pays charnière entre la Russie et la Chine, et cela, les dirigeants de ces pays le savent, c’est un danger pour leur pouvoir. Voilà pourquoi la Russie s’est empressée d’envoyer des troupes pour réprimer les travailleurs en lutte. Voilà pourquoi Xi Jinping a immédiatement applaudi les déclarations martiales dégueulasses du président kazakh.

Le Kazakhstan est aujourd’hui un avant poste de la révolution mondiale.

Oui, mondiale, car au-delà de l’effet d’addition où pas une saison ne passe sans que nous n’entendions les échos d’un nouveau soulèvement, chaque coup porté contre l’ordre social est aussi la démonstration qu’il existe autre force que celle des États, une autre perspective que celle des calculs glacés des gestionnaires capitalistes : la force des prolétaires, la perspective de la révolution internationale.

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Burnout : « les gens sont parfois victimes d’incendies comme le sont les immeubles »

Nous sommes fatigués, épuisés vidés. Nous n’en pouvons plus. Nous ? Les prolétaires. N’en pouvons plus de quoi ? Du travail. On continue notre série sur le travail en nous penchant sur les maux de notre classe et en particulier ceux induit par l’extension et l’intensification du travail.

Rien de naturel là dedans: la cause de la maladie c’est la soif de plus-value, absolue et relative, qui toujours s’approfondit et nous dévore. Burn out, Karoshi, neurasthénie, surmenage, les mots se multiplient à mesure que nos maux se font masse, à mesure aussi qu’à l’instar du salariat, ils se généralisent.

Vivre ou fonctionner ?

Quand aux réponses médicamenteuses qu’on nous propose, elles consistent à nous droguer pour nous faire fonctionner, là ou le problème reste une société où on fonctionne et ne vit pas, ou l’on survit et mal de surcroît.

Commençons par revenir sur les mots. Continue reading Burnout : « les gens sont parfois victimes d’incendies comme le sont les immeubles »

La plus-value absolue

Il y a deux types de plus-value selon Marx : absolue et relative.

Ici, on abordera la plus-value absolue, en reprenant l’exemple développé dans le précédent post rouge, (l’exploitation et la plus-value ) : nous revoilà dans l’entreprise de fruits confits où tu bosses. Tous les mois, tu transformes 30 000 euros de matières premières + 1000 euros des machines, soit 31 000 euros en 36 000 euros de produit fini, et tu gagnes 1600 euros (toutes cotisations incluses). Tu fais gagner 3400 euros par mois au patron.

Mais cela reste insuffisant, du moins pour ton patron, qui cherche à augmenter sa plus-value. Il vous annonce ainsi qu’il veut vous faire travailler une heure de plus chaque jour, soit un passage au 40 heures /semaine au lieu de 35h et cela sans vous payer plus ! Tu refuses et avec tes camarades vous foutez le feu à la boîte et vous vous enfuyez, finito les fruits confits.

Enfin, ça c’était ce que tu préconisais… Continue reading La plus-value absolue

La social-démocratie et le mouvement ouvrier

L’Internationale* (AIT) ne survit pas longtemps à la défaite de la Commune, du moins en tant qu’organisation unifiée.

C’est dans ce contexte contre-révolutionnaire que la social-démocratie allemande se constitue lors du congrès de réunification socialiste à Gotha, en Allemagne, en 1875. Ce sera l’acte de naissance d’une organisation qui servira de base à tout le mouvement ouvrier européen et qui présidera à la création, en 1889, de la seconde Internationale*. *L’astérisque indique qu’on consacrera un post à ce sujet.

Le mouvement ouvrier (ici, nous parlons de l’ensemble des structures et organisations qui s’en réclament : partis, syndicats, coopératives) se construit dans un contexte de progression immense du capitalisme : essor de l’industrie, montée des impérialismes et colonisation. La seconde Internationale n’a pas le caractère unitaire de la première. Elle exclut les anarchistes lors de plusieurs congrès successifs (1891, 1893, 1896) et se situe sur le terrain de la conquête du pouvoir d’État et du parlementarisme malgré les critiques de minorités révolutionnaires dans de nombreux pays. Continue reading La social-démocratie et le mouvement ouvrier

L’exploitation et la plus value

Nous sommes des milliards d’exploités sur cette terre. Mais qu’est-ce que c’est au juste l’exploitation ? On pourrait déjà dire que l’exploitation, c’est l’usage que les possédants font de notre temps, pour s’enrichir. C’est notre vie qui s’égoutte de nous par les veines du travail et qui se transforme en salaire – de quoi retourner travailler –, mais surtout en plus-value.

Car le fruit de l’exploitation, c’est la plus-value. Et c’est pour croquer ce fruit que les capitalistes nous exploitent. Pour comprendre ce qu’est la plus value, pose-toi une question : en combien de temps de travail fais-tu gagner assez d’argent à ton patron pour qu’il te paie ton salaire ? Bon, une fois cela mis de côté, tout le reste, c’est de la plus-value. Illustrons tout ça d’un exemple… Continue reading L’exploitation et la plus value

Révolution et contre révolution au 19e siècle

Comment parler du développement du prolétariat et de ses luttes sans commencer par un survol, au moins rapide, du 19e siècle ? Une époque ouverte par la révolution française qui fait entrer avec fracas dans une ère de révolutions… et de réaction : d’expansions en replis, l’histoire respire et même si les grands bols d’air frais se paient d’années d’oppression, chaque vague semble plus forte, nourrie des précédentes.

Les révolutions apparaissent à un point donné et se propagent à l’échelle internationale. C’est le début d’un cycle historique au cours duquel les insurgés, les révolutionnaires, constituent un répertoire commun de discours et d’actions, s’orientent suivant une perspective collective : la victoire de la révolution. Continue reading Révolution et contre révolution au 19e siècle

Naissance du prolétariat

« Le prolétaire ne possède ni capital ni moyens de production et doit donc, pour subvenir à ses besoins, avoir recours au travail salarié. »

dit Wikipédia.

Arrêtons-nous sur ce qui est implicite dans cette définition : la violence, la contrainte. Car il y a une possibilité de subvenir à ses besoins sans acheter les produits, sans les payer : le pillage. De façon plus pérenne et collective, prendre la terre pour la cultiver, prendre les maisons, prendre les machines…

Entre les prolétaires et cette possibilité, il y a certes l’idéologie, la morale, mais il y a aussi un mur de violence. Celle de la police, des vigiles, etc. Et il y a même les quatre murs de la prison. Cette violence était présente dès les origines de la classe des exploités. Elle est la vilaine fée qui s’est jadis penchée sur le berceau du prolétariat pour le maudire.

« La première condition de la production capitaliste, c’est que la propriété du sol soit déjà arrachée d’entre les mains de la masse » écrit Marx, chapitre 32 du livre 1 du capital.

Ainsi, la classe prolétaire naît de la violence et la contrainte. Continue reading Naissance du prolétariat