La plus-value absolue

Il y a deux types de plus-value selon Marx : absolue et relative.

Ici, on abordera la plus-value absolue, en reprenant l’exemple développé dans le précédent post rouge, (l’exploitation et la plus-value ) : nous revoilà dans l’entreprise de fruits confits où tu bosses. Tous les mois, tu transformes 30 000 euros de matières premières + 1000 euros des machines, soit 31 000 euros en 36 000 euros de produit fini, et tu gagnes 1600 euros (toutes cotisations incluses). Tu fais gagner 3400 euros par mois au patron.

Mais cela reste insuffisant, du moins pour ton patron, qui cherche à augmenter sa plus-value. Il vous annonce ainsi qu’il veut vous faire travailler une heure de plus chaque jour, soit un passage au 40 heures /semaine au lieu de 35h et cela sans vous payer plus ! Tu refuses et avec tes camarades vous foutez le feu à la boîte et vous vous enfuyez, finito les fruits confits.

Enfin, ça c’était ce que tu préconisais…

Mais après ton discours incendiaire lors de la réunion syndicale, un sale petit traître te balance au patron… Et tu te fais virer ! Une grève se lance pour demander ta réintégration et le retour aux horaires précédents. Le patron finit par lâcher sur ta réintégration mais il explique que le secteur des fruits confits est rude et qu’il faut accepter des sacrifices…

Un vote est organisé, à bulletin secret. C’est une tactique patronale classique pour casser les luttes et malgré une tentative de saboter le scrutin en volant les urnes, le vote fini par faire son office, à savoir diviser et isoler les prolétaires en brisant la dynamique collective de la grève. Dans l’isoloir, tes camarades pensent à leur crédits, leurs galères … les résultats tombent, les nouveaux horaires sont acceptés.

Avec l’augmentation de la journée de travail, le temps que tu consacrais à travailler pour faire gagner à ton patron l’équivalent de ton salaire reste le même. L’heure de plus de travail est une augmentation nette de plus-value. Là ou auparavant toi et tes collègues travailliez 7 heures par jour, payés 80 euros net par jour, vous êtes désormais toujours payés 80 euros mais pour 8 heures de travail.

Bien sûr, comme le souligne Marx dans le chapitre X du livre 1 du Capital, consacré à la journée de travail : «  [L]a journée de travail (…) ne peut être prolongée au-delà d’un certain point. (…) Pendant une partie du jour, la force doit se reposer, dormir; pendant une autre partie, l’homme a des besoins physiques à satisfaire; il lui faut se nourrir, se vêtir, etc. Cette limitation purement physique n’est pas la seule. (…) Il faut au travailleur du temps pour satisfaire ses besoins intellectuels et sociaux, dont le nombre et le caractère dépendent de l’état général de la civilisation. »

Ainsi, la journée de travail n’est pas extensible à l’infini. Sans compter que si dans l’exemple donné, ton patron a réussi à augmenter le temps de travail, dans l’histoire, les luttes des prolétaires ont aussi produit l’effet inverse!

Alors pour augmenter encore la plus-value, le patron va changer de technique. Il va essayer de rationaliser le travail afin d’augmenter son intensité… Cela s’appelle la plus-value relative.

Ton patron réussira-t-il à augmenter encore la plus-value ? C’est quoi cette histoire de plus-value relative ? Y a-t-il un lien entre votre combativité au taf et le fait que l’une des collègues a vu le patron lorgner sur un catalogue de machines plus performantes ?

Nous verrons tout cela prochainement…