Vous connaissez Milgram ? C’est un psychologue social états-unien qui a organisé de nombreuses expériences. L’une d’entre elles est très connue : celle dite de la « soumission à l’autorité » où un cobaye est incité par un chef d’équipe à infliger des décharges électriques de plus en plus forte à un type qui se tord de douleur. Et bien… on ne va pas parler de ça mais d’une autre expérience de Milgram, sur le partage.
On propose à deux personnes de se partager une somme d’argent, disons 100 euros. Mais sous conditions : chaque personne tient un rôle choisi par tirage au sort au début. L’une doit décider de la nature du partage (égalitaire ou pas), elle doit arbitrer combien elle donne à l’autre. Elle peut décider de donner pile la moitié, ou garder 60 et donner 40 ou garder 90… La deuxième personne peut accepter le deal, ou pas. Si elle accepte, les deux partent avec la somme définie par le premier. Si elle refuse, les deux partent sans rien, bredouilles. Continue reading Contre la réussite et le mérite→
Condamnez-vous la violence ? Sous une forme ou sous une autre, cette question est posée dans tous les procès suite à des manifs, des luttes, etc. Que ce soit à cette occasion, dans divers débats en amont ou au cours des mobilisations sociales, nous n’avons pas fini d’en entendre parler, surtout à une époque où, – nous y reviendrons – la police semble devenir le visage universel de l’État, la seule interlocutrice de la société, une forme de « guichet unique » pour toutes les situations.
Mais qu’est-ce que la violence ?
Tel geste, lancer un projectile, donner un coup, peut être défini comme « violent » ou comme un simple « emploi de la force » selon qui le pratique. Séparer une bagarre en pratiquant une contention sur les participants : exercer une force. Le même geste, disons une clé de bras sur un policier : de la violence… sauf si c’est un autre policier qui l’administre ! Car au fond, ce qui distingue tel geste de tel autre, c’est l’aval de l’État. Continue reading La violence et la force→
Qu’est-ce que vous voulez, c’est « la nature humaine » !
Voilà des mots familiers parmi les objections classiques à la possibilité même de changer la vie, de mener à bien une révolution (mettons la question du contenu de la révolution de côté : nous en reparlerons). Et la plupart du temps, quand on parle de nature humaine, c’est pour dire qu’elle est mauvaise ! Alors, les humains, tous pourris ?
Déjà, ce n’est pas si évident que ça existe « la nature humaine ». En tout cas, pas comme quelque chose de figé. Pour Marx, croire en une nature ou une essence figée de l’humain est une illusion : « l’essence de l’hommen’est pas une abstraction inhérente à l’individu isolé. Dans sa réalité, elle est l’ensemble des rapports sociaux » ( 6e thèse sur Feuerbach pour vous la péter). L’individu isolé n’existe pas : nous vivons en société, un enfant laissé seul meurt de solitude si ce n’est de faim ou de soif !