Category Archives: SERIE NOIRE Le prolétariat, ses luttes, et toussa

Convoi de la liberté, un nouveau mouvement Gilet Jaune ?

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Sur les réseaux sociaux, les groupes visant à organiser en France un « convoi de la liberté » ont acquis une audience impressionnante. Alors que ce convoi remonte vers Paris, quelles seront l’orientation et les perspectives du mouvement ? Est-il dans la même dynamique que celui des Gilets Jaunes ?

Les GJ ont été une libération de la parole des exploités. On se racontait nos galères, on se retrouvait tous ensemble et c’est comme ça que le mouvement a pris son orientation sociale. Et tout cela s’est passé quand nous nous sommes retrouvés en vrai, sur les ronds-points et les barrages.

Mais tout le monde n’a pas tiré le même bilan de ce mouvement. Une partie des admins des pages et groupes Facebook du début des GJ n’ont pas apprécié que le mouvement s’autonomise. On trouve la même logique qu’avec les directions des syndicats quand elles appellent à une journée d’action : elles ne veulent surtout pas que la base aille plus loin que ce qu’elles ont décidé. Continue reading Convoi de la liberté, un nouveau mouvement Gilet Jaune ?

La social-démocratie et le mouvement ouvrier

L’Internationale* (AIT) ne survit pas longtemps à la défaite de la Commune, du moins en tant qu’organisation unifiée.

C’est dans ce contexte contre-révolutionnaire que la social-démocratie allemande se constitue lors du congrès de réunification socialiste à Gotha, en Allemagne, en 1875. Ce sera l’acte de naissance d’une organisation qui servira de base à tout le mouvement ouvrier européen et qui présidera à la création, en 1889, de la seconde Internationale*. *L’astérisque indique qu’on consacrera un post à ce sujet.

Le mouvement ouvrier (ici, nous parlons de l’ensemble des structures et organisations qui s’en réclament : partis, syndicats, coopératives) se construit dans un contexte de progression immense du capitalisme : essor de l’industrie, montée des impérialismes et colonisation. La seconde Internationale n’a pas le caractère unitaire de la première. Elle exclut les anarchistes lors de plusieurs congrès successifs (1891, 1893, 1896) et se situe sur le terrain de la conquête du pouvoir d’État et du parlementarisme malgré les critiques de minorités révolutionnaires dans de nombreux pays. Continue reading La social-démocratie et le mouvement ouvrier

Révolution et contre révolution au 19e siècle

Comment parler du développement du prolétariat et de ses luttes sans commencer par un survol, au moins rapide, du 19e siècle ? Une époque ouverte par la révolution française qui fait entrer avec fracas dans une ère de révolutions… et de réaction : d’expansions en replis, l’histoire respire et même si les grands bols d’air frais se paient d’années d’oppression, chaque vague semble plus forte, nourrie des précédentes.

Les révolutions apparaissent à un point donné et se propagent à l’échelle internationale. C’est le début d’un cycle historique au cours duquel les insurgés, les révolutionnaires, constituent un répertoire commun de discours et d’actions, s’orientent suivant une perspective collective : la victoire de la révolution. Continue reading Révolution et contre révolution au 19e siècle

Naissance du prolétariat

« Le prolétaire ne possède ni capital ni moyens de production et doit donc, pour subvenir à ses besoins, avoir recours au travail salarié. »

dit Wikipédia.

Arrêtons-nous sur ce qui est implicite dans cette définition : la violence, la contrainte. Car il y a une possibilité de subvenir à ses besoins sans acheter les produits, sans les payer : le pillage. De façon plus pérenne et collective, prendre la terre pour la cultiver, prendre les maisons, prendre les machines…

Entre les prolétaires et cette possibilité, il y a certes l’idéologie, la morale, mais il y a aussi un mur de violence. Celle de la police, des vigiles, etc. Et il y a même les quatre murs de la prison. Cette violence était présente dès les origines de la classe des exploités. Elle est la vilaine fée qui s’est jadis penchée sur le berceau du prolétariat pour le maudire.

« La première condition de la production capitaliste, c’est que la propriété du sol soit déjà arrachée d’entre les mains de la masse » écrit Marx, chapitre 32 du livre 1 du capital.

Ainsi, la classe prolétaire naît de la violence et la contrainte. Continue reading Naissance du prolétariat