Hausse des prix, c’est quoi le bail ?

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Une explication en moins de deux minutes.

Les prix montent, montent, montent. Tous ? Non. Pas le prix de la force de travail : le salaire direct ou par extension, les allocations chômage, retraites, minima sociaux : en somme ce qui ne bouge pas c’est la quantité de fric qui nous revient.

Nous, c’est à dire les prolos.

Un tas d’article de journaux nous fait la leçon : une des pires choses à faire, disent ils, serait d’augmenter les salaires : cela ne ferait qu’aggraver la hausse des prix !

Ce genre de raisonnement est tellement matraqué, qu’on finit par lui trouver un semblant de logique. C’est fou ce que c’est efficace, la propagande. Voici une petite histoire pour illustrer ce qu’on dit .

Imaginons. Tu travaille dans un supermarché. Le prix de l’énergie monte. Ce qui fait monter les coût de transports des marchandises… Alors, le patrons du supermarché répercute* cette hausse sur le prix des produits de bases du supermarché. * Tout en payant une misère les paysans. C’est une histoire de rapports de force.

Le lendemain, quand tu fais tes courses, tu t’aperçois qu’avec ton salaire, tu peut acheter moins de choses. Pourquoi ? Parce que ceux qui paient la hausse de l’énergie, c’est toi, c’est nous* : ceux qui vivent du salaire direct et indirect. * Plus on est en situation de fixer les prix, mieux on s’en sort. Aussi les petits patrons peuvent être impactés. Mais ont souvent la possibilité de virer des salariés. Sinon, ils courent le risque de…faire faillite et devenir des prolos. Sur la question paysanne, on y reviendra. ( Et aussi sur la distinction paysans/ exploitants agricoles)

Et oui, les patrons ont répercuté la hausse des prix sur les produits qu’ils vendent. Mais, ils nous expliquent que si nous voulons faire pareil et répercuter ces coûts sur le prix de notre force de travail c’est… impossible, ça ferait monter les prix !

En bref, ils nous pissent dessus, puis disent qu’il pleut, puis nous interdisent d’ouvrir un parapluie en prétextant que cela ne ferait que les inciter a pisser plus fort ! Non ce n’est pas une blague, c’est une métaphore et elle est tristement proche du réel !

Le réel, c’est que les patrons ne veulent pas rogner sur leurs profits. Que l’État engrange les taxes qui montent proportionnellement aux prix à la pompe et fait semblant de galérer à lâcher 100 balles. Le réel, c’est que la variable d’ajustement, c’est nos vies.

La prochaine fois qu’on vous expliquera que monter les salaires c’est favoriser l’inflation pensez-y : on nous menace froidement de nous pisser dessus plus fort.

Jusqu’à quand ?

Pour faire bonne mesure, voici aussi une petite citation de Marx.

On vous incite au passage a lire l’excellent petit livre dont elle est tirée : Salaires, prix et profits.

«Le capitaliste et l’ouvrier n’ayant à partager que cette valeur limitée, c’est-à-dire la valeur mesurée d’après le travail total de l’ouvrier, plus l’un recevra moins recevra l’autre et inversement . Pour une quantité donnée, la part de l’un augmentera dans la proportion où celle de l’autre diminuera. Si les salaires changent, les profits changeront en sens contraire. Si les salaires baissent, les profits monteront, et si les salaires montent, les profits baisseront. » (Marx, « Salaire, prix et profit ». Ed. Sociales, p. 99).